Pourquoi il faut lire... Jean-Louis Etienne

 

     Ajusteur fraiseur de formation, puis médecin et explorateur, Jean-Louis Étienne incarne en France à lui seul l’exploration polaire moderne. 

 

    J'ai 12 ans, et je rêve devant cet explorateur à la silhouette si frêle mais à l'énergie si communicative. Mai 1986, Jean-Louis Etienne devient le premier homme à atteindre le Pôle Nord en solitaire. 

 

     Il a tiré lui-même son traineau pendant 63 jours avec des ravitaillements. À cette époque, le

GPS et le téléphone Iridium n'existent pas. Sa position est suivie par le Centre national d'études spatiales grâce à une balise Argos qui confirmera son arrivée sur l'axe de rotation de la terre, à 89°993 Nord.

 

   Ce natif du Tarn a ensuite réalisé de nombreuses expéditions polaires, dont sa traversée homérique de l’Antarctique en 1989-90 ou moult aventures à bord du voilier Antarctica (devenu depuis Tara). 

 

    Il est de ces explorateurs qui m'ont donné envie d'aller voir l’ailleurs et de marcher sur la banquise.

 

      2003, je rencontre enfin Jean-Louis Étienne en chair et en os. J'ai 29 ans et des rêves pleins les yeux. Je prépare mon second reportage sur l'île de Clipperton et mon premier documentaire avec la complicité de Xavier, un réalisateur alors plus chevronné que moi.

 

    Quand j’ai appris que Jean-Louis Etienne préparait une expédition à Clipperton, j’ai d'abord été désespéré. Pensez-donc, j'étais « mort » d'un point de vue médiatique. Depuis 2 ans, ce « caillou de la République » perdu dans l'immensité du Pacifique était mon obsession, mon graal et le sujet qui allait me faire repérer par mes pairs.

 

     Après mûres réflexions, je vais finalement comprendre que Jean-Louis Etienne est pour moi un atout d’autant qu’il compte effectuer une mission de repérages à Clipperton.

 

   Je demande donc audience à l'explorateur médiatique. Je lui donne rendez-vous Brasserie Lorraine, place des Ternes à Paris. Cela fait chic et sérieux dans mon esprit. 

 

    Le jour même, j’ai la boule au ventre, la gorge nouée. J'ai avec moi dans mes sacs à dos toute ma documentation : des cartes, des coupures de presse, des photos, des écrits… Je suis enthousiaste, un brin naïf et je fonde plein d'espoir. 

 

    Fin de l'entretien, je me hasarde à demander à Jean-Louis Etienne s’il compte embarquer avec nous sur la prochaine rotation à destination de Clipperton, et surtout s’il serait d'accord pour devenir LE personnage de notre film documentaire. « Oui, je pars avec vous et oui avec plaisir ! », nous lance-t-il. 

Je jubile.

 

   Pas Xavier, mon acolyte, qui va me traiter après-coup de « grand naïf » alors que nous remontons tous les deux vers l'Arc de Triomphe. D'un triomphe justement, l'opération vire selon lui à la catastrophe du fait de ma naïveté. « C’est mort, il ne nous aidera pas. Nous sommes des fourmis et lui un g