Pourquoi il faut lire... Henry Morton Stanley

June 4, 2018

 

    On voit aujourd'hui à Ujiji (Oujiji), quelques kilomètres au sud de Kigoma, dans l'actuelle Tanzanie, derrière de hautes herbes jaunes et sèches au bord des eaux très bleues du lac Tanganyika, le lieu où fut prononcée la phrase la plus célèbre de ce récit, le 10 novembre 1871, à l'ombre d'un manguier, ce lieu où l'on but le champagne chaud que Stanley avait trimbalé pendant tous ces mois depuis la côte de l'océan Indien : il venait de remplir avec succès la mission que lui avait assignée deux ans plus tôt James Gordon Bennett Jr, le directeur du "New York Herald", il venait de retrouver l'explorateur et missionnaire écossais David Livingston, le découvreur du Zambèze, égaré en Afrique centrale, et dont on était sans nouvelles depuis plusieurs années.

     Non loin du petit monument commémoratif érigé là, un très modeste musée présente quelques photographies en noir et blanc de Stanley et de Livingston, ainsi que les statues en carton-pâte polychrome des deux hommes. Celui qu'on voit levant sa casquette pour saluer, au moment où on le suppose prononcer la phrase célèbre, a tout juste trente ans. Et sa vie jusqu'à présent fut déjà mouvementée.

     Né sous le nom de John Rowlands en pays de Galles, il s'est embarqué comme mousse à destination de l'Amérique, comme avant lui le jeune Jules Verne. Mais, si le père de celui-ci vient en hâte récupérer son fils à la première escale, John Rowlands, lui, est orphelin de père, abandonné aussi par sa mère, et personne ne se soucie de lui. Il deviendra commis d'épicerie dans