Rencontre avec Patrice Franceschi

June 27, 2018

Voici une interview passionnante de Patrice Franceschi, directeur de la collection "Points Aventure", réalisée par Karine Papillaud sur "Lecteurs.com" :

 

    Il vient de publier un recueil de nouvelles, Dernières nouvelles du futur(Grasset) dans lequel il imagine un monde libéral situé dans une époque pas si lointaine, où la folie des hommes a pu se déployer sans limites. 

  Nous avons rencontré pour vous l’aventurier philosophe Patrice Franceschi qui porte un regard rationnel et plutôt peu amène sur l’évolution de nos sociétés contemporaines.

 

- Le genre de la nouvelle avec sa chute rapide, coupante, est la forme que vous avez choisie pour raconter 14 versions d’un futur que vous envisagez sombre.  Qu’est-ce qui vous met à l’œuvre d’un texte, et ici d’un recueil de fictions plutôt que d’un essai ? 

       Ce que j’entreprends en acte finit souvent en livre, parce qu’il n’y a rien de plus haut, pour moi, que la littérature. Mais les choses arrivent quand elles doivent arriver. Mon engagement dans la guerre d’Afghanistan, je ne l’ai raconté que vingt ans plus tard. Avec un essai politique, Guerre en Afghanistan, mais aussi un roman, Un capitaine sans importance. Le rôle des écrivains tel que je le conçois est de nous parler de ce qu’est la condition humaine, d’une part de celle-ci au moins, mais aussi d’essayer de penser l’avenir. Avec Dernières nouvelles du futur, je voulais répondre à une question qui me hante depuis longtemps : que va devenir l’homme dans ce monde que nous sommes en train de fabriquer ? Tant que les politiques ne prendront pas position sur ce sujet fondamental, l’écrivain devra revenir au premier plan et s’engager.

 

"La police de la pensée est partout"

 

- Comment voyez-vous ce monde ? 

       Il y a actuellement une telle mainmise du politiquement correct sur tous les objets sociaux que mon envie de transgression ne cesse de croître. La police de la pensée est partout, jusque dans le féminisme actuel qui veut nous réapprendre à écrire ce bien commun qu’est notre langue et veut ord